vendredi 9 avril 2010

Pour les femmes, les mères, les travailleuses : une lecture intéressante

Depuis quelques jours, je suis en pleine lecture du nouvel essai publié récemment par la philosophe Elisabeth Badinter.

Femmes de lettres reconnue, spécialiste de la pensée des Lumières, elle est l'auteur de nombreux livres, notamment sur la pensée féministe. Mais ce n'est pas ce qui m'a attiré dans la librairie pour acheter le présent ouvrage.

Si je me permets de faire un post aujourd'hui sur ce sujet, c'est que ce livre m'a plu et parce je suis contente qu'il y ait enfin quelqu'un qui ose jeter un pavé dans la mare et dire tout haut ce que certaines femmes pensent tout bas (et moi entre autres dans le lot). Sa lecture m'a réconfortée dans l'idée que je me fais de la maternité et surtout m'a déculpabilisée dans son approche psychologique.

Ainsi, elle explique qu'il y existe bien actuellement un courant idéologique naturaliste qui circule et qui prône des valeurs de retour à la simplicité et à la nature, avec une survalorisation de la mère qui doit IMPÉRATIVEMENT être fusionnelle le plus longtemps possible avec son enfant.

Il œuvre ainsi, avec un discours rigoriste type "Leche League" visant à river les femmes à leur rôle de mère (faut pas travailler, c'est pas bien, ça "traumatise" l'enfant et ça fait de vous une mauvaise maman).
Plus spécifiquement, sous couvert de respect de la planète et d'études marketing fallacieuses,( et je sais de quoi je parle), il vous prouve que tout ce qui provient de l'industrie sort directement de l'antre du Diable et que l'accouchement dans la douleur doit devenir une obligation car lui-seul vous procure une vraie communion avec votre enfant. Il agit aussi par le biais d'un diktat concernant l'allaitement et pour l'utilisation de l'arsenal matériel dit biologique (couches lavables, écharpe de portage à l'africaine, produits issus de l'agriculture biologique) et j'en passe... En gros, "On est passé du don à la dette. Puisque bébé n’a pas demandé à naître, la mère lui doit tout: son temps, son énergie, son corps et son lait".


Personnellement, j'ai réclamé corps et âme la péridurale, je ne voulais pas allaiter pas ma fille, qui carbure à la Pampers pour ses petites fesses, mange du frais mais pas du bio et possède des habits et des jouets tout ce qu'il y a de plus industriel (à quelques exceptions près). C'est une enfant en pleine forme, joyeuse et sociable et avec qui j'ai une relation extrêmement fusionnelle. Pourtant, nous ne remplissions aucunes des conditions prônées actuellement.

Chacun possède ses croyances et est en droit de penser et d'agir comme il le souhaite pour prodiguer le meilleur à ses enfants. Mais ce que je condamne et ce qui me met hors de moi, c'est que l'on puisse imposer une pensée et un mode de fonctionnement à tous et toutes en agitant la menace de la culpabilité: «Vous devez donner le meilleur à votre bébé". Que ce soit le corps médical ou l'entourage familial et amical, nous sommes passés d'un système relativement libéral à une pression de plus en plus marquée.

Ce livre remet les choses à leurs places et dans leurs contextes, en laissant une grande marge de liberté et de réflexion. L'auteur invite à se poser les bonnes questions sur ce que veut chaque femme individuellement (avec une partie sur leur vie et carrière professionnelles que je n'ai pas abordé ici). Tout cela, sans être influencer par les discours des médias ou des politiques.

Pour ceux et celles qui souhaitent en savoir plus, un article sur le sujet dans le Journal du Dimanche.

3 commentaires:

  1. J'aurais bien aimé lire la partie concernant les carrières pro de ces femmes modernes!

    Moi je dis à chaque génération ses galères!
    Les femmes moins libres? Nos mères aussi subissaient des pressions, à l'inverse elles étaient mal considérées si elles ne mettaient pas les toutes nouvelles couches jetables ultra-sèches mais ultra-chères, toutes ne pouvaient pas profiter des pratiques petits pots tout faits, elles s'émancipaient mais avaient bien du mal à allier travail et famille et elles n'avaient pas de congés mat', etc...
    Je ne te parle même pas de nos grand-mères!
    Faut pas exagérer quand même.
    Faudra que je t'emprunte ce livre alors.

    Par contre, et même si j'ai bien du mal à l'appliquer, je pense que quand on fait des enfants, il faut avoir un peu de bon sens quant à l'environnement dans lequel ils vont grandir. C'est à dire dans la mesure du possible bichonner et non maltraiter cette Terre dont ils hériteront qu'ils le veuillent ou non et leur apprendre à la respecter en leur montrant le bon exemple.

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  2. En lisant ta réponse je comprends qu'une chose n'a pas été suffisamment mis en avant par Maureen (ou tout du moins pas assez tôt dans son article) c'est le point suivant.
    E. Badinter ne critique pas le retour à la nature ou l'allaitement & co... Elle met en avant le fait que de plus en plus on met la pression aux (futures) mères par rapport à ces points. On leur laisse de moins en moins le choix.
    Ce livre n'est pas là pour dire "l'allailement c'est pas bien / l'allailement c'est bien" ou "vive les couches jetables / à mort les couches jetables".
    Ce qu'elle veut pointer du droit au travers de son livre c'est le fait que les femmes sont limités dans leur choix, c'est le côté "moins de liberté" du aux pressions & co.

    A+

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  3. Coucou Maureen, très sympa votre blog ;-)
    La propagande en faveur de l'allaitement est une réalité, de même que la culpabilisation des "mauvaises" mères "biberonneuses" (combien de fois j'ai dû justifier mon choix de donner le Bib' à ma poupette... rrrhhh... Il aurait fait quoi ce vieux pédiâtre culpabilisateur?? Que recommandait-il aux femmes dans les années 80 ?? Notre génération se porte bien, non?? Et ils sont où les écolos pour pointer du doigt l'hyper-concentration des xénobiotiques (polluants environnementaux) lipophiles dans le lait maternel???
    Dans la salle où je suis mes cours de préparation à l'accouchement pour BB2, que des photos de mamans donnant le sein; pas une seule photo de bébés au bib'... je trouve ça triste de nous imposer un seul modèle... et d'oublier que le bib' est un outil formidable d'émancipation des femmes. Et les papas?? Quel bonheur de les voir partager ses moments de complicité avec bébé. Apolline a fait ses premiers sourires pendant les tétés au Bib' et j'en garde de merveilleux souvenirs...
    Chacun devrait avoir le choix de donner à son enfant ce qu'il sait être le mieux pour lui : pour un bébé, une maman (et un papa) heureuse, épanouie et disponible (avec ses seins nourriciers ou avec un Bib'), c'est ce qu'il y a de plus important...
    Maman et papa heureux = bébé heureux !!!
    Merci de conseiller l'ouvrage de E. Badinter qui a le mérite de contrebalancer les pensées actuelles.
    Gros bisous à toi ainsi qu'à ta petite puce belle comme un coeur.
    A bientôt,
    Isa (Foufou) ;-)

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