

Avec Benoit, il y a quelques jours, nous sommes tombés sur la bande annonce de ce nouveau long-métrage annoncé comme un drame de science-fiction. Tiré du livre La Route de Cormac McCarthy, prix Pulitzer en 2007, il s'agit à priori d'un road movie revisité, version apocalyptique.
En fait, le film raconte une vision bien plus terrifiante que mentionné. Imaginez-vous aujourd'hui, assis dans votre fauteuil, en train de lire ce blog par exemple... Quand soudain, une boule de feu immense, une explosion vous laisse pantois...Vous n'arrivez pas à définir ce que c'est...Mais ce que vous savez désormais, c'est qu'il ne reste plus rien du monde que vous connaissiez.
Plus de gens, de nourriture, de végétations, d'énergie. La terre est redevenue ce qu'elle était à la nuit des temps, c'est-à-dire un caillou poussiéreux et infertile, en proie aux tremblements de terre et aux éruptions volcaniques, avec des paysages cendreux et fantomatiques.
Il n'y plus rien, plus personne... Que vous et les rares survivants de ce séisme. Rares et souvent affamés. Si affamés d'ailleurs que beaucoup sont devenus consommateurs de chair humaine et partent à la chasse à l'homme. Et c'est dans cet univers inhumain que le film commence et raconte la lutte d'un père et de son fils qui errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Longeant ce qui fut autrefois une route, ils essayent de rejoindre le sud et sont sans cesse sur leurs gardes car le danger omniprésent rôde à chaque instant et un moment d'inattention peut leur être fatal.

Le réalisateur pouvait s'arrêter à ce simple scénario mais il a poussé la narration au plus haut point. Tout au long du film, il évoque le destin de l'humanité si toute la foi en l'avenir et en l'être humain disparaissait. Filmant dans des décors effrayants de solitude et de tristesse, il dépeint avec justesse, la violence extrême que la situation a engendré et le minuscule îlot d'humanité qui subsiste en la personne de ses deux principaux personnages.
Avec pudeur et réalisme, il touche le spectateur par la force et l'amour viscérale dont fait preuve le père qui n'a plus ni but ni espoir pour lui-même mais qui s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers. On se retrouve en lui et l'on tremble avec lui d'ailleurs de ce qui pourrait bien arriver à son garçon s'il venait à disparaître.
Peu importe la catastrophe en elle-même, le propos du film n'est pas là. On ne sait pas ce qui s'est passé et on ne le saura sans doute jamais. Le plus important sans doute est que l'on vibre avec eux et l'on a peur pour eux pendant près de 2 heures.
Dans le rôle du père, on retrouve le magnifique Viggo Mortensen, dans une interprétation sans mélodrame, la sud-africaine Charlize Theron dont les courtes apparitions apportent quelques répits dans le récit et un coup de chapeau pour le jeune garçon qui endosse le rôle du fils, Kodi Smit-McPhee, dont la justesse démontre tout l'étendu de son talent et laisse une impression de bonne augure pour la suite.
Un film brutal mais de qualité et qui donne à réfléchir... Pour ceux qui douteraient, c'est une oeuvre qui tient très largement la route...

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